Construire une extension : les 6 règles à connaître

Construire une extension : les 6 règles à connaître – Nicolas Masurel Architecte

La maison que l’on aime ou celle que l’on s’apprête à acheter a parfois besoin d’un peu plus d’espace. Réaliser une extension est alors la meilleure solution. Pièce supplémentaire de plain-pied, extension sur plusieurs niveaux ou surélévation de toiture… Les configurations possibles sont presque infinies. Pourtant, construire une extension est un exercice très contraint, par le terrain d’abord puis par les règles d’urbanisme. Deux architectes aux signatures résolument contemporaines rappellent les règles à suivre pour agrandir la maison.

Une extension, ce sont des mètres carrés en plus. Mais pas uniquement. En ouvrant l’espace, on va retravailler les volumes, repenser la circulation dans la maison, élargir et faciliter les accès à l’extérieur, à la terrasse ou au jardin. Grâce aux ouvertures, la lumière va entrer à flots, améliorant considérablement le confort et la qualité de vie.

Les conseils de Gilles Bertrand (AAGB Architecture à Tours) et Nicolas Masurel (Koutok Architecture, à Nantes).

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1. Recours à l’architecte : y penser même quand la loi ne l’impose pas

Vous devrez obligatoirement faire appel à un architecte pour votre projet d’extension si la surface totale du projet (après travaux) dépasse 150 m2 (ou 170 m2 pour les demandes de permis de construire déposées avant le 1er mars 2017). Cependant, même si votre projet est en deçà de ces limites, l’apport de l’architecte est très précieux. D’ailleurs, plus l’extension est petite, plus elle doit être optimisée…

« L’architecte va écouter la famille, comprendre comment elle est constituée, est-ce qu’elle va grandir ? Est-ce que l’on reçoit beaucoup à la maison ? Puis, il va considérer l’ensemble des contraintes et proposer un ou plusieurs projets », explique Gilles Bertrand. « En général, je présente la progression de mes réflexions à l’aide d’une succession de dessins, comme des pistes différentes sur lesquelles le client peut réagir ou rebondir », enchaîne Nicolas Masurel.

L’architecte va travailler la forme de l’extension, son volume et faire le lien entre les bâtis. Si cela est nécessaire et cohérent, il proposera de revoir l’isolation, les menuiseries, ou la façade du bâtiment existant. Un architecte ne propose jamais deux fois le même projet. Votre extension est unique.

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Invisible depuis la rue, cette extension contemporaine (ossature bois et bardage zinc) vient ajouter 70m2, sur deux niveaux, à une belle maison tourangelle. Le rez-de-chaussée est occupé par une vaste cuisine, l'étage par un bureau et une chambre. La grande baie vitrée est en biais pour maximiser les apports solaires. Création Gilles Bertrand.

Invisible depuis la rue, cette extension contemporaine (ossature bois et bardage zinc) vient ajouter 70m2, sur deux niveaux, à une belle maison tourangelle. Le rez-de-chaussée est occupé par une vaste cuisine, l’étage par un bureau et une chambre. La grande baie vitrée est en biais pour maximiser les apports solaires. Création Gilles Bertrand.

Sébastien Andrei

2. Identifier les contraintes, en faire des forces !

Construire une extension revient à jongler avec un ensemble de contraintes, parmi lesquelles : les règles d’urbanisme et le respect des limites de propriété, l’orientation de la parcelle et son environnement, l’emprise au sol disponible, la nature du terrain ou les dénivelés. Les voyants sont rarement tous au vert !

« Les contraintes obligent à tourner et retourner le projet dans tous les sens, jusqu’à trouver les solutions qui intègreront tous les critères », confirme Nicolas Masurel qui voit ces contraintes comme un défi créatif. « Un projet d’extension se construit par échanges successifs avec le client, rien n’est figé au départ, il faut rester ouvert. Par exemple, la redécouverte d’un beau mur en pierres sur une maison ancienne peut inciter, en réponse, à utiliser un mariage bois/zinc sur l’extension. »

Même analyse pour Gilles Bertrand : « une emprise au sol très limitée, gérer le stationnement de plusieurs véhicules, un terrain en pente, un accès à la piscine, le vis-à-vis et, bien sûr, les limites imposées par le Plan Local d’Urbanisme (PLU)… cela fait partie des données du projet. »

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Extension bois (en rez-de-chaussée) et surélévation bois de l'étage (enduit). On devine, au dessus de l'extension, la toiture d'origine. Bardage bois (red cedar) et menuiseries aluminium.

Extension bois (en rez-de-chaussée) et surélévation bois de l’étage (enduit). On devine, au dessus de l’extension, la toiture d’origine. Bardage bois (red cedar) et menuiseries aluminium.

Nicolas Masurel Architecte

3. Oser les formes contemporaines

« Le contemporain d’aujourd’hui, c’est le traditionnel de demain, aime à rappeler Gilles Bertrand. Chaque période a son propre langage architectural et on peut être bien dans son temps tout en respectant un bâti ancien ou un caractère régional. Les matériaux ont un rôle à jouer dans ce dialogue. Le zinc est à la fois traditionnel et adapté aux lignes contemporaines. »

N’hésitez donc pas à miser sur les codes d’aujourd’hui, comme les toitures plates ou les lignes pures mais attention, contemporain ne veut pas forcément dire cubique !

Parce qu’elles permettent une grande liberté de création, Nicolas Masurel privilégie les extensions à ossature bois. « Sur un projet récent, situé sur une toute petite parcelle, nous avons créé plusieurs niveaux de terrasse. Au final et malgré l’extension, la surface des espaces extérieurs est supérieure à ce qu’elle était avant le projet. »

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Extension de 103 m2 accolée à une maison individuelle dans un petit hameau. Le volume, entièrement bardé de zinc foncé, se déplie pour relier de façon douce les deux niveaux. Le zinc offre une lecture contemporaine, telle une carapace se détachant volontairement de l'architecture existante. Réalisation Gilles Bertrand

Extension de 103 m2 accolée à une maison individuelle dans un petit hameau. Le volume, entièrement bardé de zinc foncé, se déplie pour relier de façon douce les deux niveaux. Le zinc offre une lecture contemporaine, telle une carapace se détachant volontairement de l’architecture existante. Réalisation Gilles Bertrand

Philippe Hervouet

4. Aller chercher la lumière

Quand l’orientation est favorable (plein sud), la lumière baigne naturellement la maison. « C’est l’idéal car on profite d’un maximum d’apports solaires d’hiver, note Nicolas Masurel. Il faut simplement s’assurer que l’on se protège du soleil d’été, avec, par exemple, un brise-soleil extérieur.

Mais, bien souvent, il faut composer avec une orientation moins évidente. « Il y a toujours des solutions, enchaîne Gilles Bertrand. On peut créer une baie en biais pour aller chercher un peu de sud ou encore un patio dans un angle toujours pour capter cette lumière du sud. »

On pensera aussi aux menuiseries à double-hauteur (ou murs vitrés) et aux puits de lumière. Les baies vitrées sont également intéressantes pour leur capacité à s’effacer pour gommer la limite dedans/dehors. Pensez aux baies repliables, aux grands ouvrants ou aux spectaculaires coulissants d’angle sans poteau.

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5. Connaître les bases de la règlementation thermique

La RT 2012 envisage le cas des extensions (« partie nouvelle d’un bâtiment existant »).

Pour les extensions de petite taille (moins de 150 m2 et moins de 30% de surface SHONRT créée) une règlementation thermique « allégée » s’applique, beaucoup moins contraignante que pour les bâtiments neufs et exempte d’étude thermique.

Rappelons que la SHONRT est la somme des surfaces de planchers de chaque niveau, après déduction des surfaces non chauffées (comme le garage, un sous-sol ou des combles non aménagés, une véranda non chauffée).

Pour les extensions de grande taille (≥150 m2 ou ≥30% de SHONRT créée), il faudra se conformer aux exigences de la RT 2012, c’est-à-dire atteindre un niveau de performance fixé par les textes, en matière d’isolation et de production énergétique.

Certes, c’est une sacrée contrainte, notamment parce qu’il faudra passer par une phase d’étude thermique. Mais vous gagnerez une maison ultra-performante, très peu consommatrice d’énergie et peu émettrice de gaz à effet de serre (GES).

Sur une petite parcelle, une extension bois (avec bardage bois) agrandit la maison ancienne en angle de rue. Le garage a été retravaillé (on en devine à peine la porte). L'extension intègre des terrasses sur 3 niveaux, pour préserver une belle surface extérieure. L'ouverture sur le pignon de la maison ancienne a été créée lors des travaux.

Sur une petite parcelle, une extension bois (avec bardage bois) agrandit la maison ancienne en angle de rue. Le garage a été retravaillé (on en devine à peine la porte). L’extension intègre des terrasses sur 3 niveaux, pour préserver une belle surface extérieure. L’ouverture sur le pignon de la maison ancienne a été créée lors des travaux.

Nicolas Masurel Architecte

6. Comprendre les règles d’urbanisme

Le plan local d’urbanisme (PLU) de votre commune définit des règles à suivre. Il peut limiter l’emprise au sol, la hauteur de l’extension, son volume, l’implantation par rapport aux limites séparatives voire interdire certains coloris.

Par ailleurs, si vous habitez en secteur sauvegardé ou protégé, votre projet sera soumis à l’aval de l’Architecte des Bâtiments de France, dont la mission est de veiller à la qualité architecturale du territoire. Soumettez-lui votre projet très en amont.

Dans les communes non couvertes par un document d’urbanisme, le droit des sols est régi par défaut par le Règlement National d’Urbanisme. En dehors des espaces urbanisés de ces communes, la constructibilité est limité (les extensions doivent absolument être attenantes). Renseignez-vous auprès de votre commune.

Extension contemporaine sur bâti ancien, la cohérence est assurée par le subtil mariage des matériaux (pierres/bois/zinc). A l'origine, la maison était couverte d'un enduit ciment. La découverte des belles pierres a donné une toute nouvelle dimension au projet.

Extension contemporaine sur bâti ancien, la cohérence est assurée par le subtil mariage des matériaux (pierres/bois/zinc). A l’origine, la maison était couverte d’un enduit ciment. La découverte des belles pierres a donné une toute nouvelle dimension au projet.

Nicolas Masurel Architecte

Bon à savoir :

Permis de construire ou déclaration de travaux ?

Si vous vivez dans une zone urbaine dotée d’un plan local d’urbanisme (PLU), vous devrez déposer une demande de permis de construire si :

– les travaux ajoutent une surface de plancher (on parle également d’emprise au sol) supérieure à 40 m2

– ou si les travaux, ajoutant une surface de plancher comprise entre 20 et 40 m2, ont pour effet de porter la surface totale de la construction (maison + extension) à 170 m2 150 m2 à compter du 1er mars 2017).

Notez que si vous créez une surface de plancher comprise entre 5 et 40 m2, vous devrez déposer une déclaration préalable de travaux. En dessous de 5 m2 et si vous ne modifiez pas l’aspect extérieur de la maison (par exemple, aménagement de combles sans création d’ouverture) vous n’avez pas d’obligation.

Où trouver de l’aide pour monter votre projet ?

  • auprès du service urbanisme de votre commune
  • ou du Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement (CAUE) de votre département

Merci à

Gilles Bertrand, AAGB Architecture (à Tours) – www.aagb.fr et Nicolas Masurel, Koutok Architectes (à Nantes) – www.koutok-architecture.fr
Source : http://www.cotemaison.fr/extension-combles-verandas/construire-un-extension-les-6-regles-a-connaitre_18947.html

Rénover son appartement

La rénovation d’un appartement ne nécessite pas uniquement des matériaux ou des idées. C’est un travail qui peut être de longue haleine entre le besoin et l’accomplissement. En effet, vous pouvez avoir uniquement un rafraichissement à envisager, mais également des travaux d’entretien à mettre en œuvre. Vous pouvez commencer par évaluer vous-même l’étendu du chantier, vérifiez les éléments importants (plomberie, chauffage…) et pensez votre nouveau design dans les détails (si vous modifiez le sol dans un thème sans toucher au reste, cela peut détonner).  Ensuite, demandez des devis détaillés auprès des professionnels, n’hésitez pas à comparer les tarifs, les services proposés.  Notez qu’une rénovation de bien immobilier vous ouvre au crédit d’impôt  : la remise à neuf d’équipements, isolation, revêtements contribuent à l’environnement et à une économie d’énergie.  Outre les aspects pratiques et de qualité de vie, la rénovation d’un appartement est un plus pour vous.

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Rénover un appartement : des prédispositions à prendre

Néanmoins, contrairement à une maison, vous serez tenus à respecter certaines règles de copropriétés. Notamment en ce qui concerne le bruit et les gênes dus aux passages dans les escaliers(transport de matériel ou de mobilier). Respectez les heures de repos, limitez les sons répétés (perceuses, déplacements), la rénovation d’un appartement comprend également ce paramètre important du voisinage. Vous ne pouvez décemment pas casser une cloison à trois heures du matin.

 Optimisation de l’espace

La superficie d’un appartement peut varier. 25m², 50m², 100m², un grand salon, plusieurs petites pièces séparées de murs, des zones manquantes ou éloignées, l’un des principes de cette rénovation est d’optimiser votre espace de vie. Vous serez peut-être amenés à agrandir en cassant, transformer entièrement une pièce, poser un nouveau sol pour agrandir. Tout doit être pensé pour éviter les problèmes (fermetures de porte, chauffages au mauvais endroit, équipement apparent et/ou gênant). L’accompagnement par un maître d’œuvre n’est pas superflu si vous souhaitez un résultat à hauteur de vos attentes, notamment dans les très petits espaces.

Comment le financer ?

En règle général, effectuer un ravalement de façade est un investissement dont se passeraient bien les (co)propriétaires.  En effet, les frais s’élevant parfois aux alentours de 10 000 euros,  certains se retrouvent contraints de contracter un prêt pour faire face à la dépense.  Certaines entreprises bancaires proposent des taux intéressants, mais vous pouvez également vous entendre avec des partenaires pour réaliser ces travaux.  Les ravalements sont obligatoires (et sont parfois motivés par les communautés, dans le cas d’une zone protégée, un lieu historique ou une zone d’opération programmée d’amélioration de l’habitat) et doivent être effectués tous les dix ans, c’est une obligation légale.

Préparation et mise en chantier

Commencez par solliciter un professionnel pour réaliser à l’évaluation du ravalement (architecte par exemple).  Outre l’aspect esthétique (corniches, peintures, réparation), il vérifiera également la qualité internet du bâtiment. Ce sera l’occasion d’améliorer les performances énergétiques du bâtiment (isolation thermique notamment).   Si vous êtes copropriétaires, vous vous réunirez en assemblées générales pour choisir le prestataire, décider de la marche à suivre quant aux opérations à effectuer et la date de début des travaux est fixée. Parfois, ce travail en amont peut prendre plus d’un an, le temps que les copropriétaires s’entendent.  L’architecte (ou le bureau d’études) qui se charge du ravalement réalise le cahier des charges, recueille les devis pour la charge du futur ravalement et contrôlera l’avancée des travaux. En cas de problèmes, il sera à même d’échanger avec les responsables pour trouver des solutions adéquates.

Fin du ravalement

Seules les années suivant le ravalement détermineront si le travail effectué est de qualité.  Vous pouvez vous protéger en souscrivant une assurance de garantie de dommage ouvrage.

Veuillez noter qu’en cas de dépassement de délai de ravalement, dans certains cas, vous risquez une amende. Des aides sont également possibles pour mener à bien ce projet.

Source : http://www.guiderenovation.net/guide/renover-son-appartement.htm